Semafo passe sous contrôle étranger dans une transaction de 1 milliard

Semafo passe sous contrôle étranger dans une transaction de 1 milliard

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Le producteur d’or québécois Semafo, secoué l’automne dernier par un attentat meurtrier survenu au Burkina Faso qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de ses employés, passera sous contrôle étranger à la suite d’une offre de la minière Endeavour.

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Annoncée lundi, cette transaction survient au moment où l’économie mondiale est bousculée en raison de la propagation du nouveau coronavirus, ayant notamment infecté deux employés d’Endeavour qui se trouvent actuellement en quarantaine. L’acquisition, qui sera entièrement réalisée par l’entremise d’un échange d’actions, est évaluée à 1 milliard en vertu du cours de clôture du titre d’Endavour à la Bourse de Toronto vendredi.

« Dans un monde changeant comme celui d’aujourd’hui, les producteurs d’or ont besoin d’une (large empreinte), de perspectives de croissance à moyen terme et d’un modèle d’affaires qui peut générer des liquidités », a affirmé le président et chef de la direction d’Endeavour, Sébastien de Montessus, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes.

La compagnie qui émanera de ce regroupement – détenue à 70 % par les actionnaires d’Endeavour et à 30 % par les porteurs de titres de Semafo – sera l’une des 15 principales sociétés aurifères au monde et la plus importante au Burkina Faso ainsi qu’en Côte d’Ivoire. Le groupe exploitera six sites et pourra produire un million d’onces de métal précieux en 2020.

Cela se traduira toutefois par la perte d’un siège social au Québec puisque Semafo, établie à Montréal, sera contrôlée depuis Londres, au Royaume-Uni, où se trouve le bureau corporatif d’Endeavour. Cette société est officiellement enregistrée aux îles Caïmans. À la fin de 2019, Semafo comptait environ 60 employés dans ses bureaux montréalais.

Interrogé au cours d’une entrevue téléphonique, le président et chef de la direction de Semafo, Benoit Desormeaux, a préféré voir les choses d’un autre œil.

« Nous allons être un bureau responsable des activités (de l’entité combinée), a-t-il dit. Par exemple, tous les achats se font ici. Là, on va le faire pour deux mines, mais cela passera à six mines. Une compagnie minière est dirigée par les responsables des activités. Nous allons prendre davantage de décisions qu’à Londres. »

Dans le cadre de la transaction, dont la clôture est prévue d’ici la fin juin, les actionnaires de Semafo recevront 0,1244 action d’Endeavour pour chacun de leurs titres. Lundi, à la Bourse de Toronto, le titre de la société aurifère québécoise a pris 39 %, ou 78 cents, pour clôturer à 2,77 $. L’action d’Endeavour a emprunté une trajectoire inverse, abandonnant 7,4 %, ou 1,60 $, pour terminer à 20,05 $.

Plus d’une tentative

Les discussions entre les deux minières ont débuté au début de 2019. Une proposition avait été présentée en mai, mais il n’y avait pas eu d’entente. Les pourparlers ont repris au début de l’année.

L’action de Semafo se négociait à environ 4,25 $ au début du mois de novembre, avant que ne survienne, le 6 novembre, l’attaque ayant coûté la vie à 39 de ses employés – des travailleurs locaux – en plus de faire 60 blessés. Le convoi qui transportait 241 personnes avait été surpris dans une embuscade alors qu’ils se rendaient à la mine de Boungou, au Burkina Faso, exploitée par la minière québécoise.

Le travail a repris en février à Boungou avec des employés transportés par voie aérienne et une reprise des activités minières est prévue au quatrième trimestre à condition que la sécurité soit améliorée sur les routes publiques dans cette région du Burkina Faso. M. Desormeaux a estimé que la transaction ne viendra pas modifier cet échéancier.

« Ce n’était pas évident avec la volatilité des marchés et le contexte des derniers mois, mais ce n’est pas ce qui a mené à cette transaction », a dit le patron de Semafo.

M. De Montessus a visité le site de Boungou il y a environ un mois et dit avoir discuté lundi avec le président burkinabè, qui, selon lui, s’est dit en faveur du regroupement des deux sociétés.

Avec un contexte géopolitique volatile dans cette région du globe, les deux entreprises devraient pouvoir bénéficier de synergies, notamment en matière de sécurité, en raison de leur proximité géographique.

« Nous estimons qu’il est peu probable de voir un autre joueur arriver avec une offre supérieure (pour Semafo) », a expliqué l’analyste Kerry Smith, de la firme Haywood, dans une note.

La transaction devra obtenir l’aval d’une majorité simple des actionnaires d’Endeavour. Les deux tiers des porteurs de titres de Semafo devront se prononcer en faveur de l’arrangement.

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