Salubrité au barrage de Tanghin : « Nous voulons susciter un éveil de conscience »

Salubrité au barrage de Tanghin : « Nous voulons susciter un éveil de conscience »

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Le Mouvement J’ai à cœur ma planète a initié une activité de nettoyage du barrage de Tanghin, prévue pour le samedi 23 juin. D’une portée écologique, cette activité revêt des enjeux importants aussi bien pour l’environnement que pour les habitants de Ouagadougou. Les co-fondateurs du Mouvement, Joseph Ouaro et Louis pascal Dao, ont bien voulu nous accorder un entretien afin de dévoiler leurs objectifs et motivations.

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RENADED : Qu’est-ce que le Mouvement J’ai à cœur ma planète ?

Les co-fondateurs de J’ai à cœur ma planète (de G à D) : Louis pascal et Dao Joseph Ouaro

J’ai à cœur ma planète (JCP) : C’est une jeune structure qui est née à partir d’un constat. En effet, c’est avec un sentiment de révolte que nous avons noté un manque d’intérêt pour la préservation de l’environnement, particulièrement dans la ville de Ouagadougou. C’est ainsi que nous avons décidé de mettre en place cette structure J’ai à cœur ma planète. Elle est née il y a à peine un mois, mais, nourris de grandes ambitions pour notre planète, nous avons déjà prévu tout un panel d’activités. A titre d’exemples, nous pouvons citer entre autres les conférences, la formation, la sensibilisation. Il faut noter cependant que J’ai à cœur ma planète est un mouvement de volontariat. D’ailleurs, pour le moment, nous n’avons pas le statut d’association. C’est un Mouvement d’abord.

RENADED : Vous avez initié une activité de grande envergure pour le barrage de Tanghin. Pouvez-vous nous en dire plus ?

(JCP) : En effet, nous avons constaté une quantité importante de déchets solides, avec tous les risques que cela comporte. Comme exemple simple et palpable, les déchets risquent de se retrouver au parc Bangr-weogo, surtout avec ces pluies qui arrivent. Face à cette situation, il y a l’urgence de réagir. Pour riposter nous avons donc initié cette activité qui consiste à nettoyer les déchets du barrage.

Juste après, nous projetons une autre action de salubrité, mais au parc Bangr-weogo. Nous sommes déjà à la recherche de partenaires pour mener à bien cette seconde activité. En outre, beaucoup d’autres activités viendront, mais nous vous en tiendrons informés.

Quelles sont vos attentes à l’issue de cette activité ?

Notre premier objectif est de débarrasser le barrage de ces déchets solides qui le polluent. Nous espérons aussi susciter un éveil de conscience de la population. Un éveil qui devrait engager les populations dans le combat de la préservation de l’environnement. C’est donc l’occasion de leur passer un message quant à la gestion de leurs déchets. D’ores et déjà, nous les prions de bien vouloir se mobiliser. Par ailleurs, J’ai à cœur ma planète étant un mouvement de volontariat, un soutien quelconque de la part des autorités ou toute autre structure ou personne de bonne volonté ne sera pas de refus.

Avez-vous rencontré des difficultés dans l’organisation de cette activité ?

Comme vous l’imaginez bien, les difficultés ne manquent pas, d’autant que nous œuvrons dans le volontariat. Nous avons été obligés de nous débrouiller seuls financièrement pour mener à bien certaines tâches. Une autre difficulté majeure a été la mobilisation des acteurs. Peu ont répondu favorablement à notre appel. Les autres, plus nombreux, demandaient de l’argent en contrepartie. Mais comme il n’y a aucun intérêt financier dans nos activités, ils ont refusé de s’engager. Déjà que nous n’avons pas encore bouclé notre budget qui s’élève à seulement 300 000 F, vous imaginez ? C’est vrai que quelques partenaires nous ont fait des promesses, mais nous sommes toujours dans l’attente de leurs concrétisations. Heureusement, au moins pour la mobilisation du matériel, la mairie a accueilli à bras ouverts notre initiative et a donc pris en charge une bonne partie du matériel.

Est-ce à dire que jusqu’à présent, vous n’avez obtenu l’accompagnement d’aucune structure en dehors de la mairie ?

Plus ou moins. Du moins, des promesses ont été faites. Il y a papi Isidore Kini (Ndlr : Président-directeur-fondateur de l’université Aube nouvelle) qui nous a fait des promesses de financement, ainsi que le Directeur du département environnement de la même université, Dr Samoura. Mais nous sommes toujours en attente. Mais nous louons véritablement leur effort, qui est très réconfortant pour nous.

Un dernier mot ?

Notre dernier mot va d’abord à l’endroit des populations dans l’espoir qu’elles sortent massivement pour cette première activité. Nous invitons aussi les autorités à porter un regard sur leur rôle à jouer dans l’entretien de notre environnement. Nous remercions aussi et surtout nos partenaires, ces quelques personnes qui ont eu confiance en nous. Nous pensons notamment à l’université Aube nouvelle, le collectif Ubuntu. Il y a d’autres partenaires qui nous accompagnent en termes de ressources humaines et matérielles : la mairie, l’Agence nationale du développement durable, l’Association nationale des scouts, l’entreprise Vida. Merci aussi à Duo corporation factory, ABWW et April oil.

 

Entretien réalisé et retranscrit par

Yves Zongo

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