Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

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L’actualité économique de ces derniers temps est marquée par les tractations entre le gouvernement et les partis politiques de l’opposition sur des mesures économiques visant à accroître les recettes fiscales de l’Etat. Pour l’opposition, le gouvernement veut boucher des trous qu’il a créés et doit s’expliquer. Outre cet aspect, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a publié son rapport sur l’état de la corruption au Burkina en 2018, dans lequel la douane détrône la police municipale à la première place. A Bobo, SAP Olympic a obtenu une promesse des commerçants, pour un enlèvement de 71% de son stock non-vendu. Sur le monde des affaires africain, Apple cède sa place aux marques chinoises comme Tecno ou Xiaomi. Retour sur quelques points de l’actualité économique de ces derniers jours.

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Au Burkina Faso, le Premier ministre Christophe Dabiré a annoncé, le 28 septembre 2019, qu’à compter du mois de janvier 2020, l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) va s’étendre aux primes et indemnités des fonctionnaires. A la suite de cette annonce, l’opposition a déclaré, au cours de son hebdomadaire conférence de presse, que l’affaire de l’IUTS mérite plus d’éclairage de la part du Premier ministre, car, estime-t-elle, c’est une tentative, comme beaucoup d’autres mesures, de diminuer les salaires des fonctionnaires. Et elle en veut pour preuve la taxe sur les véhicules à moteur, l’arrivée des nouvelles plaques d’immatriculation et la flambée des prix des produits de grande consommation.

Pour elle, cette décision concernant l’IUTS vise en fait à diminuer les salaires des fonctionnaires pour « boucher des trous ». Pourtant, dénonce l’opposition, le MPP a octroyé des exonérations fiscales à hauteur de 200 milliards à ses amis du secteur des mines. Le Premier ministre doit donc « des éclaircissements », crie l’opposition. Cette décision signifie-t-elle qu’il y aura une « levée de l’exonération sur les indemnités et les primes des fonctionnaires ? Cet impôt touchera-t-il le fonds commun qui est aussi une prime ? Et combien cette mesure va-t-elle rapporter à l’Etat ? », se sont interrogés les conférenciers.

A Bobo-Dioulasso, l’Union des vendeurs de pièces détachées cycles et cyclomoteurs (UVPD2C) a pris l’engagement, le lundi 30 septembre 2019, d’enlever 71% du stock des produits de la Société africaine de pneumatiques (SAP Olympic). Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la politique de promotion des produits « Made in Burkina » entreprise par le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat.

SAP Olympic a fait face à une mévente généralisée depuis un certain temps et le stock en magasin avoisine 1 200 000 000 francs CFA. A la suite de cette situation indélicate pour l’entreprise, le ministère du Commerce avait entamé des négociations auprès des commerçants, qui ont abouti à l’engagement de ces derniers de consommer les 71% du stock annoncé, soit un total de produits avoisinant une valeur de 990 997 500 francs CFA TTC.

« Si la situation devait encore perdurer, nous craignons que nous ne soyons contraints de recourir au redimensionnement ou à l’arrêt des travaux », s’était inquiété le directeur général de la société. La prise de telles mesures, selon lui, occasionnera des pertes d’emplois dans cette industrie. De trois équipes de 600 travailleurs, elle est déjà passée à une équipe de 200 personnes. L’entreprise s’était aussi engagée à baisser substantiellement ses prix de vente d’environ 86 millions de francs CFA sur la base d’un enlèvement de produits à hauteur de 600 millions de francs CFA.

Dans une lettre ouverte au P-DG de Coris Bank International (CBI), Idrissa Nassa, un étudiant burkinabè à Tunis, nommé Ismaël Sawadogo, accusait l’homme d’affaires de vouloir mettre les bâtons dans les roues des sociétés de trading, particulièrement GLOBUMI. Notons tout d’abord qu’un trader, c’est celui qui achète par exemple le dollar (ou autre monnaie étrangère) avec du franc CFA, à un moment où la valeur du dollar a baissé, en vue de le revendre quand sa valeur va augmenter pour en tirer un bénéfice. Et cela se passe sur Internet qui dispose de plateformes qui indiquent le cours des monnaies quotidiennement et par l’intermédiaire d’institutions de finances.

Selon Ismaël Sawadogo, depuis 2016, les premiers traders indépendants ont décidé de s’organiser en société avec pour nom GLOBUMI et les relations avec les banques marchaient bien de 2016 à 2017. C’est à partir de 2018 que la relation s’est dégradée et il accuse le P-DG de Coris bank international d’être à l’origine de cette situation parce qu’il a vu sa proposition d’être actionnaire majoritaire des sociétés de trading, refusée. Il lie la création de Coris bourse à cette volonté de faire barrière aux traders.

A la suite de cette lettre, Coris bank international (CBI) et son P-DG se sont sentis lésés. Ainsi, le président-directeur général de Coris Bank international a, dans un communiqué de presse, démenti toute implication dans cette situation difficile des sociétés de trading. « Sur fond d’allégations purement mensongères et incohérentes, ces publications portent à l’encontre de notre Institution et de son Président des accusations graves qui appellent de notre part des observations », a déclaré Coris Bank international. La société nie toute implication d’elle ou de son président dans la situation que vivent les sociétés dites de trading au Burkina Faso et ajoute qu’aucune de ces sociétés n’a son compte bloqué dans son réseau.

Elle déclare en outre que « à titre de précision, la société de gestion et d’intermédiation Coris Bourse a été agréée par l’autorité de tutelle, le Conseil régional de l’épargne public et des marchés financiers (CREPMF) sous le numéro SGI/2010-02 et a débuté ses activités en octobre 2010 et non dans le contexte évoqué par les auteurs, preuve d’un amalgame innocent ou intentionnel dont l’objectif est de porter atteinte à l’honneur du Groupe Coris ». Coris Bank international estime que ces diffamations ont pour seul objectif de ternir l’image de l’institution qui fait la fierté de tout un pays tant au plan national qu’international.

Elle réfute l’idée d’un intérêt quelconque de Coris Bank international et d’Idrissa Nassa pour le rachat ou la prise de participations dans une quelconque société de trading. « Ces affirmations sont purement fausses et mensongères », dit-elle, et se réserve le droit de saisir les autorités judiciaires compétentes conformément aux lois en vigueur dans le pays, quant aux suites à donner à cette affaire. Affaire donc à suivre.

Le lundi 30 septembre 2019, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a présenté son rapport 2018 sur l’état de la corruption au Burkina. La douane et la police municipale occupent respectivement les première et deuxième places, et l’exemplarité de l’Etat n’est pas perceptible. Il s’est agi de la fréquence de corruption que le REN-LAC a fait ressortir dans son rapport et qui établit la douane comme le service qui enregistre le plus de pratiques de corruption.

Elle est suivie, dans l’ordre, de la Police, de la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), de la gendarmerie nationale, de la police nationale, de l’enseignement secondaire et de la justice. La douane passe ainsi de deuxième en 2017 à premier sur la liste des services les plus corrompus en 2018 et la police municipale de premier à deuxième. Le rapport n’établit pas explicitement de comparaison de l’état de la corruption en 2018 par rapport à 2017 pour une meilleure évaluation du niveau de dégradation de celle-ci. En revanche, il a indiqué que la corruption demeure un phénomène fréquent au Burkina Faso.

Sept enquêtés sur dix estiment que la corruption est fréquente, voire très fréquente, au Burkina Faso. Le REN-LAC indique que la détermination du président du Faso ainsi que son gouvernement à lutter contre la corruption n’a pas été très perceptible et appelle à plus de volonté politique et d’exemplarité au sommet de l’Etat. Le sondage s’est déroulé du 8 au 20 novembre 2018 et a permis d’enquêter sur 2016 personnes.

Au sein de l’UEMOA, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a annoncé quatre prochaines étapes pour son projet d’interopérabilité des services financiers, lundi 30 septembre 2019. Une initiative qui vise à moderniser et à harmoniser le système financier mais également à renforcer l’inclusion financière au sein de la zone UEMOA par la création d’un véritable écosystème de paiement numérique. Ces quatre étapes annoncées sont l’acquisition et la mise en place de la nouvelle solution, l’adoption du cadre réglementaire approprié, l’organisation de la campagne de communication et enfin la préparation et le lancement de la plateforme. La BCEAO entend faire de la finance digitale, un tremplin pour une inclusion financière plus poussée afin de lutter efficacement contre le manque de moyen de financement pour les entités économiques.

Disparu du top 5 des plus gros livreurs de smartphones sur le continent, Apple cède sa place aux marques chinoises comme Tecno ou Xiaomi, qui profitent elles aussi d’un marché (africain) en croissance annuelle de 6 % et rattrapent le leader Samsung, écrit Jeune Afrique, dans un numéro paru le 27 septembre 2019.

Le journal ajoute que la qualité sud-coréenne continue de séduire les Africains, faisant de Samsung le leader continental du smartphone depuis fin 2017. Le constructeur des modèles Galaxy, grands rivaux de l’iPhone d’Apple, selon Jeune Afrique, capte 28% des parts de marché en Afrique, devant le géant chinois Huawei (10%) et son compatriote Transsion Holding qui, avec ses marques Tecno (9 %), itel (6 %) et Infinix (4 %), totalise 19 % des livraisons sur le continent, selon des estimations du marché pour le second trimestre de 2019 publiées par le cabinet d’études Counterpoint.


Source: Lefaso.net

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