Gestion durable des terres : L’Initiative grande muraille verte outille les journalistes

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Comment les hommes de média peuvent-ils contribuer à l’atténuation du changement climatique ? Pour relever ce défi, ils doivent maîtriser les thématiques liées à la problématique, en l’occurrence la Gestion durable des terres (GDT). A cet effet, l’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS) a organisé un atelier de formation à leur profit. C’était du 4 au 6 mars 2020, dans la cité du Cavalier rouge.

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La désertification et la gestion durable des terres, les causes et conséquences de la dégradation des terres, les mesures d’atténuation et d’adaptation de la désertification. Ce sont entre autres les questions qui ont été évoquées au cours de cette session qui a réuni une trentaine de journalistes issus des zones d’intervention de l’Initiative grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel, que sont les régions du Plateau Central, du Centre-Nord, du Sahel et de l’Est du Burkina.

Lancée en 2007, cette initiative de l’Union africaine, qui entend répondre aux défis causés par la désertification, la dégradation des terres, la sécheresse, le changement climatique et la perte de la biodiversité, ne cesse de multiplier les actions à travers ses différentes coordinations nationales. « Il nous a paru important de voir comment partager avec l’ensemble des acteurs, les résultats que nous avons acquis sur le terrain. Nous pensons qu’il y a certainement des canaux qu’il faut utiliser en mettant cela au profit les journalistes qui vont faire des productions en rapport avec la thématique ; ce qui permettra de mieux partager, de faire plus de plaidoyer sur les activités de gestion durable des terres », a signifié le coordonnateur national de l’Initiative grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel au Burkina, Adama Doulkom.

A ce propos, Roch Pananditigri, chargé de suivi-évaluation à l’IGMVSS, soutient qu’il y avait nécessité d’interpeller les différents acteurs à se repositionner par rapport à la question du changement climatique. En effet, dit-il, à ce jour, 75 à 250 millions de personnes en Afrique sont exposées à un stress hydrique important. Pis, selon plusieurs scénarios climatiques, la superficie des terres arides et semi‐arides pourrait augmenter de 5 à 8 % d’ici à 2080.

Dans la bande sahélo-sahélienne, où le Burkina Faso a subi près de cinq décennies des sécheresses sévères et récurrentes qui ont eu des impacts désastreux sur les écosystèmes, Roch Pananditigri indique qu’à ce jour, 34% du territoire, soit 9 234 500 hectares des terres de production, est dégradé pour des causes anthropiques (agriculture, élevage, bois, énergie, etc.) et climatiques, avec une progression de la dégradation des terres estimée chaque année à 360 000 hectares. « II faut que les populations se rendent compte qu’il y a un changement du climat, il y a des phénomènes qui sont là », a-t-il noté.

Comme conséquences, il cite entre autres la perte de la diversité biologique, l’accroissement de la superficie des terres arides et semi-arides, le déficit pluviométrique, la hausse de la température, la dégradation de la qualité agronomique des sols et l’augmentation de l’évaporation des plans d’eau.
L’une des solutions, dit-il, est de mieux traiter les terres pour qu’elles puissent faire l’objet d’utilisation rationnelle et de production durable. Cela passe notamment par la Gestion durable des terres, un outil que la Grande muraille verte essaie de déployer dans toute sa zone d’intervention pour accompagner les producteurs à mieux exploiter les terres de façon durable.

En effet, dans ce processus qui se définie comme « l’utilisation des ressources terrestres telles que le sol, les forêts, les parcours, l’eau, les animaux et les plantes pour la production de biens répondant aux besoins changeants des humains tout en préservant le potentiel productif à long terme des ressources et le maintien de leurs fonctions environnementales », Roch Pananditigri promeut un ajustement de nos pratiques face aux risques climatiques.

C’est ainsi que plusieurs pratiques d’atténuation et d’adaptation au changement climatique sont préconisées, notamment dans l’aménagement et la gestion du sol (zaï, demi-lunes, paillage, jachère améliorée, etc.) ; la foresterie et l’agroforesterie (défrichement contrôlé, fixation des bergers, la reforestation, etc.) ; la gestion de l’eau (systèmes de rampe, trous à poisson, la protection des points d’eau contre l’ensablement…).

Des mesures d’atténuation sont également suggérées dans l’utilisation des intrants et des techniques culturales (semences améliorées, labour à plat cloisonné, le sous-solage, la culture en couloir …) et la gestion des ressources animales, à savoir la fauche et la conservation du fourrage, les cultures fourragères, la pratique de la mobilité du bétail et la transhumance.

Le prix « Grande muraille verte » en journalisme

La présente rencontre a servi de cadre au lancement du prix « Grande muraille verte » en journalisme pour la promotion et la gestion durable des terres. Ouvert aux journalistes et animateurs des différents organes de presse écrite, presse en ligne, radiodiffusion sonore et télévisuelle des quatre zones d’intervention de l’Initiative, ce concours, selon le coordonnateur national, entend saluer les mérites de hommes de médias qui s’investissent dans la problématique. Pour cette première édition, la compétition concernera les œuvres publiées entre le 1er juin 2019 et le 31 mai 2020. Le dépôt des œuvres et prévu du 1er au 19 juin 2020.


Source: Lefaso.net

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