Gestion des titres miniers au Burkina : Un manque à gagner de plus de 500 milliards de F CFA

Gestion des titres miniers au Burkina : Un manque à gagner de plus de 500 milliards de F CFA

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Le Burkina Faso regorge d’importantes ressources minières. Le pays abrite plus d’une dizaine de sites miniers en exploitation. Cependant, la gestion des titres miniers n’est pas au beau fixe au Faso. Même les autorités politiques peinent à savoir ce qui se trame au fond. Le parlement burkinabè, fidèle à son rôle de législateur, a instruit une enquête sur la gestion des titres miniers en 2016. Le manque à gagner pour le budget de l’Etat se chiffre au moins à 551 milliards de F CFA. Retour sur les principales observations.

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Au moins 551 163 803 556 F CFA, c’est le manque à gagner pour le budget de l’Etat, selon le rapport de l’enquête parlementaire de 2016, sur la gestion des titres miniers. Les manques à gagner concernent les cotisations pour le Fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement, les taxes non-perçues dans l’exportation de l’or fraudé, la persistance de l’emploi des expatriés malgré l’existence de compétences au niveau national ou local, la fraude de l’or issu de l’orpaillage, les spéculations sur les permis et titres miniers, etc. C’est un ensemble de vices que le rapport de la commission a mis à nu. L’Etat burkinabè a encore fort à faire dans ce domaine dans lequel le pays perd des centaines de milliards de francs CFA chaque année.

En effet, la commission d’enquête parlementaire constate plusieurs insuffisances dans le fonctionnement du secteur de l’or : des produits connaissent des exonérations du fait de la mauvaise foi de certaines sociétés détentrices de permis d’exploitation ; les engagements en matière de promotion des emplois locaux ne sont pas respectés ; les comptoirs d’achat, de vente et d’exportation de l’or demeurent irréguliers et ambigus ; le barème ou référentiel d’indemnisation des populations est non-adapté aux attentes ; le code du travail aussi est inadapté au secteur minier. En outre, le Burkina a un régime juridique opaque en matière de lutte contre la fraude, et la commission nationale des mines est inefficace. La liste est longue et ne fait pas l’affaire d’une économie qui a tant besoin de ressources pour se nourrir avant de se construire.

Le Burkina devrait jouir de cette ressource dont il est riche. Plus d’une dizaine de sites miniers sont en exploitation au Burkina Faso. Le zinc de Perkoa, les mines d’or de Taparko, Inata, Youga, Bissa Zandkom, Essakane, etc., sont autant de ressources dont le pays regorge. Chaque société possède un titre minier qui lui donne l’autorisation de prospecter ou d’exploiter son site. Sept projets miniers sont en phase de construction ou d’exploitation au Burkina. C’est dire que la manne minière est abondante au pays des hommes intègres, et elle le serait plus encore sans le problème sécuritaire que connaît le pays. L’insécurité est plus accentuée dans les zones à fort potentiel minier.

Par ailleurs, les populations interrogées par la commission ne sont pas satisfaites des retombées de l’exploitation minière. Est-ce dû à la fraude ou à la corruption ? Que ce soit l’une ou l’autre, c’est la déchéance. Les deux à la fois, c’est la fatalité.
La commission explique, dans son rapport, qu’elle n’a pas pu accéder aux informations concernant les détenteurs officiels des titres miniers et le nombre de transactions opérées sur chaque titre.


Source: Lefaso.net

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