Covid-19 en Afrique : Une menace sans précédent pour le développement, selon une étude du Fonds monétaire international

Covid-19 en Afrique : Une menace sans précédent pour le développement, selon une étude du Fonds monétaire international

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La maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) menace de faire de nombreuses victimes, et la crise économique qu’elle a déclenchée peut inverser les progrès récents en matière de développement. C’est ce qu’affirme le Fonds monétaire international (FMI) dans son étude économique et financière d’avril 2020. Selon le FMI, les perspectives économiques pour l’Afrique subsaharienne n’ont jamais autant été compromises. Le nombre de cas confirmés de Covid-19 en Afrique subsaharienne est en augmentation rapide. Avec 43 pays touchés au 9 avril 2020, l’Afrique du Sud, le Cameroun et le Burkina Faso demeurent les plus frappés.

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Cependant, les strictes mesures d’endiguement et d’atténuation que les pays ont dû prendre pour limiter la propagation de la COVID-19, perturberont la production et réduiront nettement la demande. L’effondrement de la croissance économique mondiale et le resserrement des conditions financières ont de fortes retombées sur cette région du monde. Des effets qui vont être aggravés par la brusque baisse des cours des produits de base tels que le pétrole, qui accentue les difficultés dans certains des plus grands pays de la région, riches en ressources naturelles.

En conséquence, le FMI projette une contraction de 1,6 % de l’économie régionale pour cette année. Ce serait le pire résultat jamais enregistré, avec une révision à la baisse de 5,2 points de pourcentage par rapport aux prévisions d’octobre 2019.

Les économies moins diversifiées seront les plus gravement touchées, y compris sous l’effet de la baisse des cours des produits de base et des mesures d’endiguement. Parmi les pays pauvres en ressources naturelles, ceux qui dépendent du tourisme devraient connaître une forte contraction en raison des nombreuses restrictions des déplacements. Les pays émergents et pré-émergents, quant à eux, subiront les conséquences de sorties de capitaux massives et du resserrement des conditions financières.

Les mesures que les pays ont dû prendre pour faire respecter la distanciation sociale vont immanquablement mettre en péril les moyens d’existence d’innombrables personnes vulnérables. Des personnes souffriront de la restriction du filet de sécurité sociale.

En outre, c’est un moment où la plupart des pays manquent d’espace budgétaire pour absorber le choc. C’est ce qui complique la riposte des pouvoirs publics.
Dans un tel contexte, le FMI trouve qu’il y a nécessité que les politiques budgétaire, monétaire et financière soient mobilisées pour protéger les groupes vulnérables, atténuer les pertes économiques et soutenir la reprise. Lorsque la crise sera passée, il faut que des positions budgétaires retrouvent des trajectoires viables, estime l’institution.

Pour elle, la priorité doit d’abord être de sauver des vies, par l’accroissement des dépenses publiques de santé. Ensuite, de venir en appui aux personnes et entreprises touchées à travers les politiques budgétaires. Mobiliser la solidarité internationale pour la région, en impliquant la communauté financière internationale. Et enfin, entreprendre une politique monétaire plus favorable à la croissance et des injections de liquidités qui sont à mesures de contribuer largement à la survie des entreprises et des emplois, en soutenant la demande.

Le FMI conseille surtout de se servir de l’exemple de la gestion économique et sanitaire du virus à Ebola. Cette maladie et la Covid-19 sont très différentes ; la première est plus meurtrière mais moins contagieuse. Elles ont toutefois déclenché des mesures de santé publique similaires, de sorte que l’expérience de la crise de 2014-2015 demeure pertinente aujourd’hui, a souligné l’institution. Face à l’effondrement des recettes budgétaires, un financement budgétaire s’est avéré indispensable pour assurer les services publics essentiels. Et la rapide augmentation de l’aide internationale a été cruciale pour contenir la propagation du virus et atténuer son impact. Il faut donc aller à l’école de la gestion de la crise dans le cas du virus à Ebola.

Pour le FMI, sous réserve des mesures décisives exposées plus haut, la croissance dans la région devrait reprendre en 2021 pour avoisiner 4 %. Toutefois, l’ampleur du ralentissement en 2020 et la rapidité de la reprise dépendront de plusieurs facteurs, notamment l’interaction de la pandémie avec les fragiles systèmes de santé locaux, l’efficacité des mesures nationales d’endiguement et la vigueur du soutien apporté par la communauté internationale.


Source: Lefaso.net

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