Coronavirus : révélateur de l’impact de l’homme sur l’environnement ?

Coronavirus : révélateur de l’impact de l’homme sur l’environnement ?

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Dans une société où l’influence de l’homme sur le climat est indéniable mais parfois discutée, cette pause dans les activités économiques mondiales pe

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Dans une société où l’influence de l’homme sur le climat est indéniable mais parfois discutée, cette pause dans les activités économiques mondiales permet de prendre réellement conscience de ses impacts sur la planète.

Diminution de la pollution atmosphérique dans le monde entier :

Les gaz à effet de serre sont un fléau mondial bien connu depuis de nombreuses années. Pour éviter les effets dévastateurs du réchauffement, les experts de l’ONU (le GIEC) exigent une baisse drastique de 45% des émissions de Co2 d’ici 2030 par rapport à 2010 à l’échelle mondiale.

Or la plupart des états peinent à réduire vraiment leurs émissions depuis cette estimation, les taux de concentration continuent même d’augmenter graduellement dans le monde :

Emissions de différents gaz à effet de serre dans le monde – Via statistique.développement-durable.gouv.fr

 

Chine :

La Chine, premier émetteur mondial de gaz a effet de serre, a vu ses émissions de produits polluants s’effondrer d’au moins un quart entre le 3 février et le 1er Mars comparé à la même période en 2019. Même si les congés du Nouvel an lunaire, tombant le 25 janvier, marquent en général une baisse des émissions suivies d’un rebond dans le pays, cette année ce rebond est infime.

Cependant, depuis que l’épidémie s’est calmée, les niveaux de pollution sont déjà repartis à la hausse bien que les taux soient toujours très inférieurs à une fin de mois de Mars « normale » dans la région.

Evolution des concentrations en No2 entre Décembre 2019 et Mars 2020 en Chine – via twitter : Météo-Villes

 

Italie :

La plaine du Pô en Italie du Nord possède l’une des atmosphères les plus polluées d’Europe. Sa situation climatique et géographique est en effet très défavorable, le vent y est rare et les épisodes d’inversions thermiques fréquents et durables, l’air reste en effet bloqué en basse couche par manque de brassage de l’atmosphère, notamment en hiver et en période anticyclonique.

Pollution en période anticyclonique sur la plaine du Pô – Image NASA

 

Ainsi, selon les chiffres de 2016, plusieurs villes de la région sont parmi les plus polluées d’Europe en termes de particules fines et très fines (PM2.5). Ce type de pollution est d’ailleurs responsable du plus grand nombre de morts prématurés dans l’Union Européenne (391 000) et en Italie (60 000).

La concentration en PM2.5 atteint 30 µg/m3 à Padoue, 29 à Turin et Milan, la limite Européenne est de 25. Mais cette région est également parmi les plus polluées à l’Ozone et au Dioxyde d’Azote, Milan atteint en effet une concentration de 70 µg/m3 et Turin 67, à comparer à la moyenne Européenne se situant autour de 40 µg/m3.

 

Moyenne annuelle de la concentration des gaz a effet de serre en Europe – Via Agence Européenne pour l’Environnement

 

Là encore, la concentration en polluants a fortement diminué ces dernières semaines depuis l’arrêt des activités secondaires et la mise en quarantaine du pays, exemple avec la concentration en No2 entre fin-février et début Mars.

Concentration en NO2 sur la plaine du Pô entre fin février 2020 et début Mars 2020 – Via leparisien

 

Ces deux pays sont les plus représentatifs mais cette baisse progressive est visible dans tous les pays du monde. Aux Etats-Unis, où la crise n’a commencé que depuis peu, les effets sont également perceptibles dans l’atmosphère et notamment dans les grandes villes comme à Los-Angeles où le confinement est maintenant en place :

Pollution atmopshérique sur la Californie entre Mars 2019 et Mars 2020 – Image Sentinel-5P

 

Autre paramètre important, la baisse marquée du trafic aérien dans le monde. La pollution due à ce type de transport représente en effet 2% des émissions mondiales en Co2. Or le trafic connaît une baisse de près de 10% depuis le début de la crise avec de moins en moins de vols touristiques mais également de vols commerciaux (1.130.536 vols commerciaux contre 1.188.221 l’année dernière).

 

Différences d’émissions de Co2 des moyens de transport – Via leparisien

 

La pollution est donc réduite au niveau aérien, mais également au niveau automobile puisque les déplacements non-indispensables sont interdits dans de nombreux pays. On estime qu’aujourd’hui plus d’un milliard de personnes sont concernées par des mesures de restriction et/ou de confinement, soit une personne sur sept sur Terre.

Nous pouvons donc d’hors et déjà voir l’impact de l’homme sur l’environnement et notamment l’atmosphère, un arrêt ou un net ralentissement des activités permet diminuer par endroit très fortement la pollution atmosphérique. Tout cela en seulement quelques semaines, ce qui donne à réfléchir sur une baisse prolongée sur plusieurs mois ..

Un ciel habituel pollué dans une grande ville Chinoise (à gauche) et un ciel bleu et plus pur en période de confinement (à droite) – Image via la voix du nord

 

La nature reprend ses droits :

 

Avec l’arrêt massif des activités humaines, la nature reprend peu à peu ses droits dans de nombreuses parties du monde. Les images des canaux de Venise redevenus limpides ont déjà fait le tour d’internet durant ces derniers jours mais ceci n’en est qu’un tout petit exemple.

Un dauphin dans un port de Sardaigne, phénomène non-observé depuis plusieurs dizaines d’années – Image via twitter : @Notlacazette

 

Partout dans le monde, des scènes surréalistes se multiplient avec des animaux sauvages qui envahissent de plus en plus les agglomérations en raison de la circulation de plus en plus faible. Le fait que l’homme soit confiné a en effet plusieurs effets.

Cela permet à la faune de reprendre peu à peu ses droits et de se rapprocher toujours plus des villes. La diminution de la pollution est également bénéfique, la preuve en est dans les canaux de Venise où les poissons et la flore marine se font peu à peu plus nombreux. Cet effet est également visible dans de nombreux autres cours d’eau.

Néanmoins un autre phénomène se produit de plus en plus et celui-ci n’était pas forcément envisagé par les scientifiques. Nous nous rendons également compte que de plus en plus d’animaux dépendent de l’activité humaine et certains même du tourisme.

C’est le cas par exemple au Japon dans la commune de Nara où des troupeaux de cerfs envahissent les rues en recherche de nourriture. Ceux-ci avaient en effet pour habitude d’être nourris par les touristes, complètement absents depuis plusieurs semaines.

 

Troupeau de cerf en recherche de nourriture à Nara, Japon – Image via Twitter : @okadennis

 

Le même type de phénomène a pu être observé en Thaïlande où des macaques ont pris d’assaut une localité par manque de nourriture, là encore ceux-ci avaient l’habitude de se nourrir via l’activité touristique et les habitants de la région. En Espagne, ce sont des mouettes qui se sont accumulées devant les supermarchés, harcelant chaque habitant en sortant dans l’espoir d’un peu de nourriture.

 

Des effets qui donnent à réfléchir :

Outre les conséquences humaines dramatiques de cette pandémie, les résultats environnementaux sont également de plus en plus visibles et permettent de prendre conscience de façon globale de l’influence d’une activité humaine « normale » sur notre planète.

La pollution atmosphérique est en forte diminution dans le monde entier, mais la pollution d’une manière générale l’est également, moins d’activité signifie moins de déplacements, moins d’industries, moins de consommation et donc moins d’effets néfastes sur l’environnement.

Or ces conséquences néfastes pour la planète le sont également pour l’homme, les scientifiques estiment le nombre de décès dus à la pollution atmosphérique aux États-Unis à plus de 100 000 par an, et l’Organisation mondiale de la santé estime le bilan mondial à 7 millions.

« Le confinement pourrait sauver plus de vies grâce à la réduction de la pollution que le virus lui-même n’en menace », a déclaré François Gemenne, directeur de l’Observatoire Hugo, qui étudie les interactions entre les changements environnementaux, les migrations humaines et la politique. Un avis qui reste tranché mais qui permet néanmoins une certaine réflexion sur le sujet.

La nature reprend peu à peu ses droits dans de nombreuses localités, les animaux et la flore en profitent même si nous pouvons également nous rendre compte que certaines espèces sont très dépendantes des activités humaines.

Les canaux de Venise remplis à nouveau de biodiversité – Via ipnoze.com

Au final, le confinement, en plus d’avoir un impact sur la propagation du virus (la réduisant fortement) a également un impact positif sur l’environnement, la faune et la flore dans le monde entier.

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